Méthode Sarkozy: « J’écoute mais je tiens pas compte »
Magnifiques allocutions de Nicolas Sarkozy en personne lors de son meeting à Provins pour défendre la carte militaire face aux élus locaux: « Dès que je veux changer quelque chose, toutes les formes du conservatisme se mobilisent ».[...]« J’étais préparé à ça. J’écoute mais je tiens pas compte ».
Le pauvre petit garçon se voyant désavoué par les responsables les plus qualifiés – car sur le terrain – a prévenu qu’il fera donc fi de toutes les critiques. Belle mentalité!
Alors si le fou du Roi devenu Roi est capable d’annoncer cela à des élus et des hommes armés, il en ira de même, et d’ailleurs le début de son mandat l’a bien montré, pour toutes les autres revendications comme celles d’hier, venant de gens pacifiques mais déterminés.

2,5 millions selon la CG, 1,08 millions pour la police: qu’importe!
La république monarchique prend donc le dessus jour après jour en France. Nicolas impose ses idées soufflées par sa multitude de conseillers, eux-mêmes conseillés par des conseillers, qui eux-mêmes sont…
Que peuvent faire les syndicats face à un tel mur? Que penser du rendez-vous fixé dans un mois par le gringalet à la rolex, reconverti finalement en show le 5 février à la TV?
La situation des banques semblent plus urgentes que celles des 60 millions de françaises et français.
Pourquoi aider à coup de milliards des banques qui annoncent finalement des bénéfices en millions voire en milliards?
Un tissu de conneries éhontées mais professionnelles
Il est connu qu’on peut lire un florilège d’imbécilités sur internet notamment sur les forums et les blogs (« Nicolas Sarkozy a été démocratiquement élu sur un programme qu’il applique » l’auteur illustre-inconnu se reconnaîtra), mais ce qui est écoeurant, c’est de lire ces mensonges et autres préjugés, inacceptables et indéfendables dans des articles écrits par des journalistes soi-disant professionnels.
Car exprimer son avis sur des faits est une chose, déformer la réalité en est une autre quel que soit le statut de l’émetteur. Dans la presse officielle, évidemment le simple nom du journal suffit à donner le ton de l’article.
Ainsi Direct Matin mentionnait avant-hier que nous n’avions « pas encore atteint la crise sociale ». Gloups!
Il serait de bon ton que l’apprenti-journaliste vienne nous dire en face à partir de quand et par quoi se manifeste une crise sociale, si ce n’est avec des mouvements de protestations dans les rues, des licenciements massifs, un chômage si galopant que l’annonce par Laurent Wauquiez des chiffres du mois de décembre sont remis à plus tard, un taux de faillite d’entreprises qui explose…
Ajoutons à cela la crise politique qui permet même de voire des députés socialistes habituellement endormis et inertes qui dorénavant manifestent et scandent la Marseillaise en plein hémicycle.
Chez Bolloré Média, éditeur de Direct Matin et Direct Soir, il faut donc comprendre que tant que le sang ne coule pas dans les rues, il n’y a pas de crise sociale. Rassurant.
Au Figaro, dès ce matin, le site internet titre Le service garanti a permis d’éviter un «jeudi noir»
Inutile de lire l’article, forcément un torchon défendant une thèse aussi ridicule que l’entêtement aveugle du président.
Même les reportages du JT de 13h de TF1 – la voix de l’Elysée par excellence – montraient clairement d’après les témoignages des voyageurs et des automobilistes, que ce sont les RTT (mesures socialistes pour rappel) qui ont permis à bon nombre de personnes d’éviter la grève.
Nul doute que si ces RTT n’avaient été mis en place, alors certainement, ce jeudi aurait été totalement noir, ce qui n’aurait pas ravi Brice Hortefeux désormais Ministre du Travail et des relations sociales tendues.
Si seulement il pouvait expulser manu-militari tous ces syndicalistes. Frédéric Lefebvre, le funambule du populisme qui souhaite des sanctions contre « les abus » de grève, lui donnera certainement un coup de main.
Mais le Figaro, dirigé par Etienne Mougeotte ex-patron de TF1, s’est empressé de faire plaisir à son mentor Nicolas Sarkozy en rappelant la mesure du service minimum. Un comble pour un homme qui ne prend certainement pas les services en commun.
Quant à cette réforme du service minimum, elle a été tellement bien réfléchie et bien écrite par son petit gourou, que les syndicats, notamment Sud Rail, traités pourtant d’imbéciles ont profité d’une faille de la loi en faisant des cycles de 59 minutes de grève du travail tout en conservant l’essentiel de leur salaire.
Alors qui est vraiment l’imbécile? Ne serait-ce pas la parodie de président borné qui confond vitesse et précipitation?
Le Bouquet Final
Terminons par le site Contribuables et Associés. Qu’en penser quand on peut y lire: « Sondage exclusif IFOP-Contribuables Associés. 72% des Français sont pour une limitation du droit de grève dans les transports publics, les Français désapprouvent les blocages. »
Pour information, l’IFOP est l’Institut Français d’Opinion Politique dirigé par une certaine Laurence Parisot, patronne du MEDEF. Hasard ou coïncidence. Pour trancher: malhonnêteté intellectuelle de la part de cette association réputée indépendante.
Alors que d’habitude, ses membres se font un malin plaisir à critiquer avec raison les dérives de l’actuel président et des nos élus de tout poil politique, visiblement en ce lendemain de grève, ils ont choisi de faire le jeu dudit Nicolas, en divisant les citoyens.
A quoi cela rime-t-il d’opposer les grévistes, des autres? Pour une association se voulant apolitique et dédiée à la dénonciation des gabegies de l’Etat, un tel article sera même certainement utilisé par les penseurs communicants de l’UMP. Bien joué, très intelligent!
Il est regrettable que l’individu qui a écrit ce bouzin, puisqu’évidemment rien ne peut l’identifier même pas un pseudonyme, n’ait pas entendu – n’osons pas le terme de « compris » – les revendications des courageux manifestants.
Courageux car en lisant ce torchon, l’impression de comprendre: « 72% des français sont contre les feignants et pour ceux qui travaillent. » Pathétique et caricatural.
D’autant qu’un large panel de la population était représenté lors de ces manifestations: du service public aux salariés du privé en passant par les retraités et les parents d’élèves.
Ainsi donc il faudrait expliquer au bon peuple dans son ensemble à partir de quel niveau d’incompétence, d’arrogance, de corruption et de connerie de la part d’un président et de son gouvernement, il faut commencer à entrevoir une légère revendication, une conférence de presse voire une manifestation ou pire une grève générale de la part d’une fraction ou de la totalité du peuple électeur.
A l’égard de celles et ceux opposées à ces manifestations: inutile d’émettre l’idée de protester quand le bâillon sera déjà noué!
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