Dakar: 500 connards sur la ligne de départ, 500 couillons dans leur camion!
…comme disait Renaud dans une de ses chansons. Ce qui est pratique avec cette compétition ridicule, c’est que d’année en année, on peut reprendre pratiquement les mêmes arguments, malgré le changement de continent.
Les grands friqués qui repartent en expédition, ont trouvé à nouveau grand parc d’attraction : l’Amérique du Sud. L’odeur nauséabonde d’un colonialisme primaire semble toutefois moins présente que sur le continent africain, mais on peut encore y voir, en pinaillant certes, une similitude avec les premiers conquistadors, prêt à piétiner tout ce qui traîne pour leur soif de conquête, d’aventures et de victoire.
500 Connards Sur La Ligne De Départ
Ce qu’on peut reprocher le plus au Dakar, marque déposée s’il-vous-plait, c’est surtout sa transformation en une vulgaire pompe à fric, (aucun jeu de mot).
Que les nouveaux organisateurs nous expliquent ce qu’ils ont fait de l’idée de départ de Daniel Balavoine et de Thierry Sabine: où sont les médicaments pour les populations? Où sont les pompes à eau? Voire le matériel scolaire pour ces nouvelles populations rencontrées?
Car cela fait belles lurettes que la course a pris un tour uniquement financier, le fameux sport business, au détriment de l’aspect humanitaire, cher au regretté artiste engagé, et que possédait les premiers éditions du mythique rallye. Ne nous étonnons pas si l’on retrouve derrière l’organisateur A.S.O., l’ombre du désormais culte Lagardère.
Car la machine à sensations pour entrepreneurs pleins au as - avec un logo de touareg devenu obsolète – a bien montré ses limites et ses objectifs: être rentable.
Au diable, les « vilains terroristes africains »! Au diable, les Sénégalais qui se faisaient une joie de revoir tous les concurrents comme chaque année. Au diable, même la sécurité des pilotes, vu l’organisation déplorable cause mortelle. Pourvu que ceux-ci aient ce qu’ils ont payé: de l’adrénaline et des images plein la tête.
Il aurait bien aimé y participer, mais c’est la Crise Financière…

Fort heureusement en 2009, pas de mort parmi la population. Au contraire, le sort s’est même acharné sur les participants. Même sans être croyant, on pourrait être tenté d’y voir un signe des dieux. Entre les casses moteurs, les multiples malaises et la mort tragique de Pascal Terry, chef d’entreprise de 49 ans à Boulogne-Billancourt.
Luc Alphand, lui a vu son co-pilote pris d’un malaise, après avoir embourbé sa bête de course dans les marécages. Le skieur écervelé reconverti en pilote d’opérette oserait-t-il une nouvelle fois dire que le « show » doit continuer et que “même s’il faut avoir une pensée pour tout ce qui s’est passé, ça ne va pas gâcher ce que je ressens, ce que j’ai accompli”. (phrase prononcée il y a 2 ans après les morts d’enfants africains percutés par les voitures du Dakar). Pas sûr.
Histoire de remonter le niveau éthique de l’entreprise Dakar, on retrouve le funeste Total parrain officiel de cette parodie de compétition. Rappelez-vous la catastrophe de l’Erika, l’explosion d’AZF, les travailleurs forcés en Birmanie, la Raffinerie de Donges avec les conduites rouillées déversant leurs milliers de tonnes de saloperies cancérigènes dans une zone Natura 2000, c’est eux!
A mettre en parallèle de leurs plans com’ qui passent en boucle à la TV avec une musique magnifique pour expliquer tant bien que mal, que cette entreprise mafia protège la Planète. Pathétique…
D’ailleurs avec les tonnes de CO² rejetées pour cette épreuve, entre la course elle-même et l’acheminement des engins par voie aérienne ou navigable, à l’heure du Grenelle de l’environnement, de la prise de conscience des actions néfastes de l’Homme sur son écosystème, et de la crise financière, le Dakar est devenu ainsi l’événement le plus stupide et le plus égoïste au monde.
Et ce n’est pas la baraque à frite itinérante de sympathiques ch’tis – roulant à l’huile de friture usagée – qui va améliorer les choses pour cette édition.
Pauvre Daniel, une si belle idée alliant humanitaire et sport mécanique, aussitôt récupérée par les financiers, ami du pouvoir en place, comble de l’ironie. Notre monde actuel résumé en une épreuve « sportive »: un gâchis Total!
